La maladie d’Alzheimer touche près de 1,4 million de personnes en France, et reste l’une des maladies les plus redoutées du grand âge. Parmi ses premiers signes : une perturbation de la communication entre neurones, bien avant la perte massive de cellules cérébrales. Pour comprendre ce phénomène, l’unité de Neurobiologie intégrative des systèmes cholinergiques, dirigée par Uwe Maskos à l’Institut Pasteur, s’est penchée sur un acteur clé : le récepteur nicotinique de type α7, une porte d’entrée essentielle pour les signaux chimiques dans le cerveau.
Grâce à un modèle animal, les chercheurs ont montré que l’accumulation d’un petit fragment, la bêta-amyloïde (marqueur classique d’Alzheimer), provoque une hyperactivité anormale des neurones, mais uniquement si le récepteur α7 est présent. Retirer ce récepteur évite le dérèglement ; le réintroduire fait réapparaître le problème. Ce mécanisme explique pourquoi certains médicaments déjà utilisés, comme la galantamine, semblent offrir une meilleure protection : ils ciblent justement ce récepteur et atténuent l’hyperactivité. Une vaste étude suédoise récente confirme d’ailleurs que la galantamine ralentit la perte de mémoire chez de nombreux patients (source). En analysant les données cliniques d’une grande cohorte de patients suédois (The SveDem quality registry), « nous montrons que, si la galantamine a un effet plus important contre la démence – et le décès -, car parce que cette molécule a une activité sur le récepteur nicotinique », souligne Uwe Maskos. « Nous établissons l’action de la galantamine et décrivons le mécanisme sous-jacent sur le récepteur nicotinique. »

